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Le procès de l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi s’ouvre à Jérusalem

La jeune Palestinienne Ahed Tamimi (au centre), dans la prison militaire d’Ofer (Israël), le 13 février.

Après cinquante-six jours de détention préventive, le procès d’Ahed Tamimi a débuté devant la justice militaire israélienne à Ofer, en Cisjordanie, mardi 13 février. La prochaine audience n’aura lieu que le 11 mars, la jeune femme demeurant en prison d’ici là. Les médias et les observateurs n’ont pas été autorisés à assister aux débats, le huis clos étant dans l’intérêt de l’accusée, a affirmé le juge.

Agée de 17 ans, Ahed Tamimi fait l’objet de douze chefs d’inculpation, dont celui de « violences aggravées ». Originaire du village de Nabi Salih, en Cisjordanie, elle était allée à la rencontre de deux soldats israéliens, qui se trouvaient dans la cour de la maison familiale, le 15 décembre. Elle les avait harangués, puis elle avait frappé et giflé l’un d’eux, resté impassible. Elle avait été arrêtée quatre jours plus tard, de nuit, peu avant sa cousine Nour Naji Tamimi, 21 ans.

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Les deux soldats, qui ont fait preuve d’une retenue peu classique en ce genre de circonstances, n’avaient même pas reporté l’incident. Mais la diffusion d’une vidéo montrant l’épisode lui a donné une dimension nationale obligeant chacun à se positionner. Icône pour les uns, provocatrice pour les autres, célébrité sur les réseaux sociaux, Ahed Tamimi ne s’appartient plus. Issue d’une famille très militante et engagée contre l’occupation, elle est devenue, pour les Palestiniens, un symbole de courage. Les Israéliens, eux, se sont interrogés sur la passivité des soldats, la droite n’hésitant pas à appeler à la plus grande sévérité contre toute atteinte physique à un Israélien, civil ou militaire.

313 mineurs palestiniens en détention

Le cas de l’adolescente, dont le traitement par les autorités militaires entre pourtant dans les normes quotidiennes de l’occupation, a entraîné une mobilisation internationale depuis décembre. Selon le service pénitentiaire israélien, 313 mineurs palestiniens (entre 12 et 17 ans) se trouvaient en détention, au 30 novembre, en attente de leur procès, sur 5 881 prisonniers de sécurité palestiniens. Les arrestations de nuit et les interpellations de mineurs sans la possibilité de prévenir la famille ou un avocat sont monnaie courante.

En janvier, le tribunal avait estimé qu’Ahed Tamimi devait rester en détention jusqu’à son procès en raison de ses antécédents contre l’armée israélienne. Une photo, d’ores et déjà célèbre, la montre, enfant, menaçant du poing un soldat. Le 12 février, Amnesty International a appelé à une remise en liberté immédiate de l’adolescente. « En vertu de la convention sur les droits de l’enfant, dont Israël est signataire, l’arrestation, la détention et l’emprisonnement d’un enfant doivent être une mesure de dernier recours et pour une période de temps la plus courte possible », a rappelé l’association de défense des droits humains.

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Dans une tribune publiée par le quotidien Haaretz, le 31 décembre, le père d’Ahed, Bassem Tamimi, expliquait que l’adolescente incarnait une nouvelle génération de « combattants de la liberté », qui ont deux tâches devant eux : « D’une part ils ont le devoir, bien sûr, de continuer à défier et combattre le colonialisme israélien dans lequel ils sont nés, jusqu’au jour de son effondrement. D’autre part, ils doivent affronter courageusement la stagnation politique et la dégénérescence qui s’est répandue parmi nous. »

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