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Grève aux urgences: une réplique des Gilets jaunes

Cela fait 22 samedis qu’ils sont sur le pont avec la crise des Gilets jaunes. Les personnels des urgences des hôpitaux de Paris (AP-HP) craquent et se mettent en grève illimitée. Le mouvement a démarré à l’hôpital Saint-Antoine il y a un mois, suite à plusieurs agressions de personnels soignants, mais il s’est étendu dimanche soir à plusieurs établissements, comme Lariboisière, la Pitié Salpêtrière, Saint-Louis et Tenon. Les urgences fonctionnent, les blouses blanches étant assujetties à une continuité de service : les soignants grévistes seront munis d’un brassard.

Leurs revendications ? De meilleures conditions de travail, des effectifs supplémentaires, ainsi qu’une prime de 300 euros. « Ils ont vu les policiers mais aussi les personnels pénitentiaires se mobiliser… Ils estiment que leur tour est venu », analyse une source proche du dossier. Les syndicats à l’origine de la grève – Sud et CGT en tête – espèrent que leur mouvement fera tache d’huile, y compris hors Ile-de-France, et misent sur le soutien de l’opinion publique, la santé étant l’un des principaux thèmes ayant émergé du grand débat national.

S’il explose aujourd’hui, le ras-le-bol des urgentistes n’est pas nouveau et s’explique largement par la hausse constante de 3 % par an de la fréquentation des services d’urgence des hôpitaux parisiens. Car, à Paris et en banlieues, les déserts médicaux existent aussi. Pour tenter de calmer le mouvement, Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP, a déjà promis 45 nouveaux postes pour l’ensemble des 39 hôpitaux. Il s’est également engagé au remplacement effectif de tous les congés maternité. Mais la direction reste contrainte budgétairement, et l’AP-HP a du mal à recruter.

Une étude de l’OCDE de 2015 révélait qu’en France, le salaire moyen d’un infirmier hospitalier est plus faible que le salaire moyen du pays… Comme en Slovaquie et en Hongrie.

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