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Écrasement d’avion en Saskatchewan : un rescapé témoigne – ICI.Radio

L’avion de la compagnie West Wind Aviation s’est écrasé peu après le décollage. Les 22 passagers et 3 membres de l’équipage du vol ont été évacués.

Cinq personnes ont été transportées par ambulance aérienne dans d’autres établissements de la province, selon la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Celle-ci a toutefois ajouté que leur vie n’était pas en danger. Les autres victimes ont été blessées plus légèrement et sont soignées dans des centres médicaux locaux.

Un des rescapés de l’accident d’avion, le conseiller de bande de la Première Nation Fond Du Lac Denesuline Willie Laurent ne se ne souvient pas de tout l’accident.

« Je ne me souvenais de rien… comme dans un rêve. Une fois que l’avion a commencé à être secoué, les gens ont commencé à crier, c’est la dernière chose dont je me souviens. Pas de feu ni de flammes. Du carburant coulait, on pouvait le sentir. »

Il raconte que l’appareil s’est renversé sur le côté après l’impact et que sa coque était pliée comme du papier. Les secouristes ont dû briser des fenêtres et couper la carcasse en métal de l’avion pour parvenir à extirper les passagers coincés dans l’appareil.

Carte de Fond du lac dans la province.Fond-du-Lac est une collectivité éloignée dans le nord de la Saskatchewan, accessible par avion, d’environ 900 habitants. Photo : CBC

L’inquiétude des familles

Darryl McDonald de Louisdale, en Nouvelle-Écosse, a déclaré que sa mère, Ernestine, et sa sœur, Brenda, comptaient parmi les passagers du vol. Les deux femmes se rendaient à des consultations médicales, selon lui.

Je suis vraiment inquiet.

Darryl McDonald, fils et frère de deux passagères

« [Ma mère] a subi des blessures au visage à cause de l’impact », a-t-il déclaré. « Ma sœur, elle a des coupures et peut-être une jambe cassée. Il y avait un jeune homme avec une paralysie cérébrale. Il était coincé, mais, heureusement, ils ont pu le sortir. Je prie pour que tout le monde se porte bien », a ajouté l’homme troublé.

Des résidents portent secours

Dès qu’il a appris la nouvelle de l’accident de l’avion, un résident de Fond-du-Lac, Raymond Sanger, 57 ans, et son fils se sont précipités à l’aéroport.

Nous avons entendu des bruits de personnes qui criaient.

Raymond Sanger, sauveteur

« Il y avait des voix de femmes. Nous avons suivi ces voix pour arriver dans la zone où se trouvait l’avion », a déclaré Raymond Sanger. « Ils étaient tous coincés entre des chaises et des sièges. On a dû couper du métal pour pouvoir sortir ces gens de là. »

Raymond Sanger à Fond du LacRaymond Sanger raconte que des passagers étaient suffisamment conscients pour demander des ciseaux ou des couteaux pour se libérer de leur ceinture et de leur siège. Photo : Radio-Canada

Quand Raymond Sanger est rentré chez lui après que tout le monde eut été sauvé, son manteau était trempé du carburant de l’avion. « Je tremble, dit-il. Mon manteau est imbibé de carburant. Tout le monde est dans cet état. Tous ceux qui étaient [sur le lieu de l’accident] », a-t-il témoigné.

Une Première Nation en état de choc

Lors d’un point de presse jeudi, le chef de la Première Nation Fond Du Lac Denesuline, Louie Mercredi, avait la voix qui tremblait. Il rapporte que plusieurs membres de sa communauté étaient dans l’avion tout comme des membres du conseil de bande.

Nous sommes en état de choc.

Louie Mercredi, chef de la Première Nation Fond Du Lac Denesuline

« Les répondants et la communauté sont des héros. Nous sommes très reconnaissants », a ajouté Joseph Tsannie, le vice-chef du Grand Conseil de Prince Albert.

La Première Nation a par ailleurs indiqué que des améliorations devraient être apportées à l’aéroport de Fond-du-Lac, particulièrement sur la piste d’atterrissage, que les membres de la Première Nation jugent trop courte.

Le courage des sauveteurs applaudi

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a salué sur Twitter le courage et le travail des équipes de secours.

« Au nom du gouvernement du Canada, je tiens à dire que nos pensées et nos cœurs accompagnent ceux qui sont touchés par cet accident et à remercier les premiers intervenants de la région », a déclaré le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau. Par voie de communiqué, il a indiqué que le gouvernement collabore avec le Bureau de la sécurité des transports du Canada qui enquêtera sur l’accident.

Sur Twitter, le premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall s’est dit soulagé que l’accident n’ait pas causé de morts tout en indiquant que ses pensées allaient aux victimes et à leur famille.

L’origine de l’accident inconnue, dit West Wind Aviation

« À l’heure actuelle, la cause de l’accident est inconnue et le Bureau de la sécurité des transports a été avisé. Le soin des passagers et de l’équipage demeure la priorité », a déclaré Rick Philipenko, le vice-président des finances de West Wind Aviation.

C’est probablement l’accident le plus grave que la compagnie n’ait jamais connu.

Rick Philipenko, vice-président des finances de West Wind Aviation.

L’appareil de West Wind Aviation qui s’est écrasé était un ATR 42 à turbopropulseurs de 44 sièges. Il venait de décoller l’aéroport de Fond-du-Lac en direction de Stony Rapids au moment où il s’est écrasé à moins d’un kilomètre de la piste.

Rick Philipenko parle en entrevue.Rick Philipenko rapporte que la compagnie aérienne établie à Saskatoon opère depuis 1983 et offre des vols réguliers notamment dans le nord de la province. Photo : Radio-Canada

M. Philipenko affirme que les deux pilotes de l’avion seront interrogés. Il s’agit selon lui de pilotes d’expérience basés à Saskatoon.

Mercredi soir, la police de Stony Rapids et les services d’urgence de la région étaient sur place. Des sauveteurs appartenant entre autres à l’Aviation royale canadienne se sont également rendus sur les lieux.

Selon West Wind Aviation, cinq victimes ont dû être transportées par ambulance aérienne, entre autres à Saskatoon et Prince Albert.

Une enquête est ouverte

Deux enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) doivent se rendre sur place jeudi. Selon le bureau, l’enquête sur les lieux de l’accident pourrait prendre plus d’une semaine.

Jean-Pierre Regnier, l’enquêteur principal des opérations pour le BST, a indiqué que les enquêteurs procéderont à des entrevues avec des victimes, des témoins et des membres de la communauté.

« Les enquêtes sont parfois complexes, ça pourrait prendre jusqu’à un an avant qu’on ait un rapport final », a précisé M. Regnier.

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